Une fresque insultant la police sur un bâtiment municipal à Amiens

Mon attention a été attirée avec stupéfaction sur la fresque qui orne, depuis plusieurs jours déjà, les murs de La Briqueterie, bâtiment appartenant à la mairie d’Amiens qui héberge l’association culturelle du même nom.

Y sont distinctement représentés des policiers en mission dans un paysage urbain insurrectionnel, où un tas de pavés nage dans une marre de sang.

Les forces de l’ordre sont surnommées « Les forces de l’or » et un texte affirme : « LA VIE EST UNE MANIF, la france UNE VITRE, ET MOI un PAVÉ » (plus de photos en bas de l’article).

« All cops are bastards »

Surtout, il est inscrit « ACAB » dans l’encadrement de la porte, acronyme anglais d’origine skinhead signifiant « All cops are bastards » («Cops» veut dire «flics» ; je vous fais grâce du reste de la traduction…)

Je suis fortement attaché à la liberté d’expression et à la création artistique. Néanmoins, il est insupportable que de tels propos puissent se retrouver sur les murs d’un bâtiment public, mis à la disposition d’un collectif artistique largement financé avec nos impôts.

« Je suis attaché à la liberté d’expression et à la création artistique mais de tels propos sont inacceptables dans le contexte de black-blocs et sur un bâtiment public. »

Une telle situation est d’autant plus insupportable que nos forces de l’ordre, durement mobilisées depuis des mois, doivent faire face à des agressions de plus en plus violentes de la part, notamment, des black blocs. Je note, d’ailleurs, que c’est sans doute en référence à ce phénomène que le mot « BLACK » est également inscrit sur le dessus de la fresque.

Il conviendra à l’ensemble des financeurs publics de La Briqueterie de s’interroger sur leur soutien à l’association.

Dans l’immédiat, j’ai demandé à la mairie d’Amiens, en qualité de propriétaire du bâtiment, d’effacer ou de faire remplacer la fresque sur laquelle je viens de l’alerter.


Mise à jour (le jeudi 2 mai à 17h30)

Dans un communiqué relayé sur ma publication Facebook sur le sujet, l’association La Briqueterie affirme que « des gaffitis apparaissent régulièrement (…) sans que nous établissions le moindre contact avec leurs auteurs. Ces peintures se font hors les murs, sans notre autorisation ou consultation, et bien souvent, en dehors de nos horaires de travail ou encore de notre présence dans l’enceinte de la structure. »

Cette défense de l’association appelle trois remarques de ma part :

  • il me semble, tout d’abord, qu’une telle fresque prend plusieurs jours pour être réalisée (mise à blanc du mur puis réalisation de la fresque) ;
  • il me semble, ensuite, que dès lors que le bâtiment est mis à disposition de l’association, elle a un devoir de surveillance et d’alerte rapide de la mairie en cas de dessins ou de propos injurieux ;
  • enfin, des témoins affirment que « les graffeurs avaient accès librement à l’intérieur du lieu » lors de la réalisation de la fresque, « dimanche 27 avril de 10h à 20h ».

Lire le courrier que j’ai adressé au maire d’Amiens